
– 30 août 2026 –
Que reste-t-il d’une rencontre une fois le stand démonté ?
Dimanche matin, 30 août 2026, Divonne-les-Bains s’éveille doucement. Il est encore tôt lorsque l’ONG PierMarc France rejoint le marché. La journée, elle, a commencé bien avant.
5 h 15 : le réveil sonne. Le matériel et les marchandises ont été chargés la veille. À 6 h 45, arrivée à Divonne-les-Bains. Le déchargement de la voiture commence aussitôt et, à 7 h, tout est prêt pour monter le stand.
Autour, les commerçants s’installent à leur tour. Nous nous saluons, nous échangeons quelques mots. Puis le marché prend progressivement vie.
Et les cloches de l’église commencent à rythmer les heures.
Attendre sans savoir
Tenir un stand associatif, c’est accepter une part d’incertitude.
Nous préparons, nous transportons, nous installons. Nous disposons les produits, les documents, les supports de présentation. Puis nous attendons.
Les passants regardent. Certains ralentissent. D’autres poursuivent leur chemin. Quelques-uns s’arrêtent et posent une question.
À 11 h 45 arrive le premier don de la journée : cinq euros. D’autres dons et ventes suivront au fil du marché.
À première vue, quatre heures et quarante-cinq minutes se sont écoulées depuis l’installation du stand avant ce premier geste concret de soutien.
Mais est-ce vraiment ainsi qu’il faut mesurer cette matinée ?
La question dépasse largement cette journée à Divonne-les-Bains. Nous vivons dans un monde où nous cherchons à mesurer rapidement l’efficacité d’une action : combien de personnes rencontrées ? Combien de contacts obtenus ? Combien de dons recueillis ? Quels résultats ?
Ces indicateurs sont nécessaires. Une association doit suivre ses actions, rendre compte de l’utilisation de ses moyens et savoir si ses initiatives sont pertinentes.
Mais tout résultat se laisse-t-il mesurer immédiatement ?
Une journée sans « grande rencontre »
Il n’y eut ce dimanche ni rendez-vous institutionnel décisif, ni partenaire providentiel, ni annonce spectaculaire pour l’ONG PierMarc France.
Il y eut autre chose.
Des habitants de la région franco-suisse, souvent accompagnés d’enfants, ont pris le temps de découvrir le stand. Des touristes également, venus d’Angleterre, d’Alsace ou encore d’Avignon. Certains se sont intéressés au projet. D’autres ont simplement pris quelques minutes pour écouter.
Il y eut des encouragements et des mots profondément bienveillants.
Une femme anglophone, originaire du Moyen-Orient, s’est arrêtée au stand et a fait un don. Avant de repartir, elle avait retenu un nom : PierMarc.
Que deviendra ce nom dans sa mémoire ?
Peut-être rien de particulier. Peut-être visitera-t-elle notre site. Peut-être parlera-t-elle un jour de l’association autour d’elle. Peut-être reviendra-t-elle vers nous.
Nous ne le savons pas.
Parmi les visiteurs figurait également un jeune Mexicain qui s’installera prochainement à Paris. Au fil de l’échange, un contact lui a été transmis : celui de Juan Carlos Cedillo, responsable de l’association événementielle Mexico à Paris et en relation avec PierMarc. Il devrait prochainement prendre contact avec lui.
Là encore, impossible de savoir aujourd’hui ce que produira cet échange.
Et c’est peut-être justement là que commence le temps du résultat.
Le temps d’après
À 13 h, la visite d’un fidèle adhérent, avec son caractère particulièrement lunaire, vient ponctuer les dernières heures de cet événement. Puis le marché commence peu à peu à se vider. À 14 h 15, le rangement commence tranquillement.
À 15 h, départ de Divonne-les-Bains.
Mais la journée n’est pas encore terminée.
À 16 h, la voiture est déchargée. Viennent ensuite les comptes de la journée et la transmission des résultats au Président et au Trésorier de l’ONG PierMarc France.
16 h 30.
Cette fois, l’événement est réellement terminé.
Du moins en apparence.
Car les comptes permettent de mesurer ce qui s’est concrétisé au cours de la journée. Ils enregistrent une recette, mais pas une conversation qui pourra, un jour, trouver un prolongement.
Ils enregistrent des dons, mais pas le souvenir laissé à celui ou celle qui s’est arrêté quelques minutes.
Ils enregistrent une recette, mais pas une conversation qui pourra en provoquer une autre.
Ils permettent d’établir le bilan d’une journée, mais pas nécessairement d’en connaître déjà tous les effets.
Accepter le temps long
Cette réalité prend un sens particulier pour PierMarc.
Le projet que nous portons au Mexique s’inscrit lui-même dans le temps long.
Avant de voir un écovillage fonctionner, il faut créer des structures, rechercher des financements, nouer des relations, étudier, concevoir, expliquer, convaincre et parfois recommencer.
Toutes ces démarches ne produisent pas immédiatement un résultat visible.
Certaines n’en produiront peut-être jamais.
D’autres, au contraire, porteront leurs fruits bien plus tard, parfois là où nous ne les attendions pas.
C’est aussi cela, construire un projet : savoir distinguer l’absence de résultat immédiat escompté de l’absence de résultat.
Dimanche, au rythme des cloches de Divonne-les-Bains, les heures ont passé. Rien de spectaculaire ne s’est produit.
Et pourtant, quelque part entre un échange avec un visiteur anglais, quelques mots venus d’Alsace ou d’Avignon, une femme qui repart avec le nom PierMarc en mémoire et un jeune Mexicain auquel un contact a été transmis, quelque chose a peut-être commencé.
Nous le saurons peut-être bientôt.
Ou beaucoup plus tard.
Ou jamais.
C’est aussi cela, le temps du résultat.
L’ONG PierMarc France remercie la Police municipale de Divonne-les-Bains pour l’emplacement accordé à l’association, particulièrement bien situé au cœur du marché.
Cette journée marque notre deuxième et dernière présence autorisée cette année sur le marché de Divonne-les-Bains.
Rendez-vous en 2027 à Divonne-les-Bains !

