
Sur chaque stand, des objets.
Autour de chaque stand, des rencontres possibles.
D’un marché à l’autre, les visages deviennent familiers
Le 5 septembre dernier, au Marché aux Puces de Fribourg , nous nous étions interrogés sur la valeur des objets, sur le don et sur ce qui se transmet lorsqu’un objet passe d’une main à une autre.
Un mois plus tard, samedi 3 octobre, l’ONG PierMarc Suisse était de nouveau présente au Marché aux Puces de Fribourg.
Même lieu, mais cette fois, notre regard s’est porté ailleurs : sur les personnes qui font vivre le marché.
Sous un temps clément, trois membres bénévoles étaient réunis sur le stand de l’association. Autour d’eux, le Marché aux Puces suivait son rythme, entre échanges, passages et conversations. Parmi les exposants comme parmi les visiteurs, certains visages étaient déjà familiers.
Nous avons retrouvé des brocanteurs rencontrés auparavant à Payerne. Dès notre première rencontre, leur excellent accueil nous avait marqués. Les retrouver à Fribourg, reprendre une conversation, échanger quelques nouvelles : voilà une autre facette de ces marchés qu’un participant occasionnel ne perçoit pas nécessairement.
Le monde du marché
D’un marché à l’autre, les brocanteurs se croisent et se retrouvent. Certains connaissent parfaitement les rendez-vous de Suisse romande. Chacun possède son univers, ses objets, ses habitudes et ses histoires.
À leurs côtés, les habitués du Marché aux Puces de Fribourg, principalement fribourgeois, participent eux aussi à l’identité de ce rendez-vous.
La régularité change alors notre perception de l’événement. Lorsque PierMarc Suisse revient mois après mois, les visages deviennent familiers. Nous reconnaissons un marchand, un visiteur s’arrête de nouveau devant le stand, une conversation reprend.
Certaines rencontres connaissent des prolongements inattendus. La recherche d’un registre littéraire spécifique suscite un échange ; le choix d’un livre de Jung conduit à une proposition de bénévolat ; une conversation révèle une compétence en traduction spontanément mise à disposition de l’association.
Ces situations, très différentes en apparence, ont pourtant quelque chose en commun. Elles commencent simplement : quelques mots échangés, une curiosité réciproque, une attention portée à la personne qui se trouve devant nous.
La disponibilité et l’humilité prennent alors tout leur sens. La rencontre ne consiste pas à chercher immédiatement ce que l’autre pourrait apporter, mais à accueillir ce qu’il souhaite partager, sans présumer de la suite.
Car sa valeur ne réside peut-être pas dans son utilité immédiate. Certaines conversations resteront quelques mots échangés au détour de notre stand. D’autres feront naître une idée, un service proposé, peut-être un engagement. Certaines resteront simplement ce qu’elles étaient : un moment partagé entre deux personnes. Et cela suffit.
Revenir
La présence régulière de PierMarc sur les marchés est aussi une source d’enseignements.
Les objets passent d’une main à une autre. Les personnes, elles, se reconnaissent, reprennent une conversation et parfois se découvrent davantage. Entre deux rendez-vous, quelque chose a changé : l’inconnu est devenu un visage familier.
Pour PierMarc Suisse, revenir permet bien sûr de recueillir des contributions grâce aux objets qui nous sont confiés, de présenter nos actions et d’expliquer notre projet. Mais cette présence régulière permet aussi à l’association de s’inscrire progressivement dans une vie locale faite de rendez-vous et de rencontres.
La première rencontre permet de se découvrir. La suivante, de se reconnaître. Puis, parfois, la conversation se poursuit et quelque chose se construit.
La régularité ne garantit rien. Toutes les rencontres ne deviendront pas des relations, et elles n’ont d’ailleurs pas besoin de le devenir. Revenir laisse simplement au temps la possibilité de faire son œuvre.
Le 5 septembre, nous nous interrogions sur la valeur des choses. Ce 3 octobre nous rappelle que certaines valeurs échappent à la mesure : elles apparaissent avec le temps, dans l’attention accordée, la confiance qui s’installe et le simple plaisir de se retrouver.
Peut-être est-ce finalement l’une des singularités d’un marché aux puces : les objets y cherchent une nouvelle histoire tandis que, discrètement, les personnes commencent parfois à en écrire une ensemble.
PierMarc Suisse sera de nouveau présente au Marché aux Puces de Fribourg le 7 novembre.
Nous y retrouverons certainement quelques visages désormais familiers.
Et, puisque la saison aura avancé elle aussi, nous aurons probablement ressorti les vêtements chauds…

