

Et si nos objets racontaient notre rapport au monde ?
Tout au long de nos vies, nous accumulons des objets qui, peu à peu, cessent d’attirer notre attention. Objets décoratifs, utiles, éducatifs ou ludiques… Ils sont souvent les témoins silencieux d’une passion, d’un souvenir de voyage, d’un moment de vie ou d’une transmission familiale.
Puis, un jour, ils quittent notre quotidien.
Relégués au fond d’un placard, oubliés dans une cave ou déposés dans un grenier — lieu presque poétique de la mémoire — ils entament une forme de disparition progressive, comme si leur utilité s’effaçait avec le temps.
C’est dans ce contexte que l’ONG PierMarc Suisse a participé, le 22 mars 2026, à son premier vide-grenier de la promenade à Yverdon — sous la pluie matinale et par seulement 5 degrés à 07h00 am.
Une expérience simple en apparence… mais riche d’enseignements.
Une pratique ancrée, entre convivialité et évolution
En Suisse, les vide-greniers, brocantes et marchés aux puces occupent une place bien ancrée dans la vie locale.
Ces événements, souvent organisés à l’échelle des communes, sont à la fois des moments de rencontre, de flânerie et de consommation responsable. On y vient pour chiner, mais aussi pour échanger, observer et comprendre.
Si cette pratique est également très répandue en France, où le terme “vide-grenier” s’est largement popularisé, elle prend en Suisse des formes variées — brocantes, marchés aux puces, vide-maisons — avec des usages et des équilibres propres à chaque territoire.
C’est précisément dans ce cadre que la participation de l’ONG PierMarc Suisse prend tout son sens.
Une pratique internationale aux nuances culturelles
Au-delà du contexte suisse, cette manière de faire circuler les objets du quotidien s’inscrit dans une dynamique plus large.
En France, le vide-grenier désigne une vente entre particuliers, proche dans son esprit du marché aux puces, où la diversité des objets prime.
Au Québec, la vente de garage traduit une pratique similaire, organisée à domicile, dans une logique de proximité et de transmission. D’où l’expression populaire — « la foire aux slips » — qui illustre avec humour cette réalité : celle d’événements où l’on retrouve une grande diversité d’objets du quotidien, parfois très personnels.
Au Mexique, les tianguis — marchés traditionnels en plein air — témoignent d’une culture ancienne du réemploi et de l’échange. Les bazars, souvent portés par des initiatives solidaires, prolongent cet esprit dans un cadre communautaire.
Ainsi, sous des formes différentes, une même intention se retrouve :
- Prolonger la vie des objets
- Créer du lien
- Encourager une consommation plus responsable.
Clarifier les pratiques : de l’usage à la mémoire de l’objet
L’expérience de terrain amène également à préciser les distinctions entre plusieurs formats, souvent confondus.
Dans un vide-grenier ou un marché aux puces, on retrouve principalement des objets du quotidien : vêtements d’enfants, effets personnels, objets domestiques. Ces objets sont directement issus de la vie des particuliers et répondent avant tout à un usage immédiat.
La brocante, en revanche, introduit une autre forme de sélection. Les objets proposés y portent souvent une dimension plus ancienne ou singulière : costumes traditionnels, accessoires de théâtre, objets d’époque ou pièces insolites, témoins d’un autre temps.
Cette distinction, bien que parfois nuancée dans la pratique, traduit une différence de regard :
- D’un côté, l’usage
- De l’autre, la mémoire, l’esthétique ou l’histoire de l’objet.
Les antiquités relèvent d’un registre encore plus spécifique, marqué par :
- Une ancienneté reconnue
- Une valeur patrimoniale
- L’intervention de professionnels spécialisés.
Enfin, le marché de l’artisanat se distingue clairement de ces pratiques :
- Objets créés et non issus de la revente
- Valorisation d’un savoir-faire
- Ancrage souvent local et culturel.
Ici, il ne s’agit plus de donner une seconde vie, mais de faire naître un objet.
Entre réemploi, valorisation et création, ces différents formats traduisent des rapports complémentaires aux objets.
Observer le terrain : entre intentions et réalités
La participation à Yverdon a permis d’aller au-delà de l’image que l’on peut se faire de ces événements.
Cette expérience a révélé la diversité des pratiques et des attentes.
Certains exposants, habitués à ces rendez-vous, semblent évoluer dans une organisation plus structurée, avec des repères proches de ceux d’un marché.
Dans ce contexte, différentes logiques coexistent :
- Se séparer d’objets
- Prolonger leur utilité
- Créer du lien
- Ou parfois générer un complément de revenu.
Ces observations ne traduisent pas une opposition, mais plutôt une évolution.
Elles invitent à s’interroger :
- Assistons-nous à une transformation progressive de ces espaces ?
- Ou simplement une manière, pour certains, de compléter leurs revenus… ou de consommer moins cher, en privilégiant des échanges locaux plutôt que des plateformes lointaines ?
Une expérience révélatrice pour PierMarc
Cette première participation a également réservé quelques surprises.
Notre équipe a été interpellée sur certains aspects de notre présence, comme si notre démarche s’inscrivait dans une logique comparable à celle de certains exposants habituels.
Or, notre démarche est différente.
Les objets présentés sur notre stand proviennent de dons. Ils ne sont pas destinés à générer du profit, mais à soutenir une cause : faire connaître l’ONG PierMarc et contribuer, à notre échelle, au financement de ses projets.
Habituée à une approche fondée sur le don libre, l’ONG n’avait jusqu’ici jamais été confrontée à ce type de perception.
Ce décalage met en lumière une réalité simple :
Au sein d’un même événement, les intentions peuvent être multiples.
Le cadre influence-t-il les pratiques ?
Cette expérience amène également à s’interroger sur l’influence du cadre lui-même.
Le vide-grenier, par sa nature ouverte et accessible, laisse coexister des approches très diverses, où les repères peuvent varier d’un participant à l’autre.
À l’inverse, des formats comme la brocante, plus structurés, semblent proposer un autre rapport à l’objet, davantage centré sur sa valeur, sa présentation et son histoire.
Deux approches, finalement complémentaires, qui traduisent des rapports différents aux objets… et peut-être aussi à leur usage.
De l’objet à l’engagement
Au-delà de ces observations, une conviction demeure.
Un objet peut retrouver une utilité.
Mais il peut aussi devenir un support d’engagement.
Dans le cadre de l’ONG PierMarc, chaque objet proposé s’inscrit dans une intention :
Soutenir la création d’un écovillage humanitaire et éducatif pour des enfants orphelins vulnérables.
Il ne s’agit pas seulement de faire circuler des objets,
mais de transformer un geste simple en contribution à un projet porteur de sens.
Des rencontres qui ouvrent des perspectives
Quoi qu’il en soit, cette première expérience a permis à l’équipe de faire de nouvelles rencontres et d’échanger avec le public.
Elle a également été l’occasion de faire connaître l’ONG PierMarc Suisse et de susciter l’intérêt de plusieurs personnes, certaines envisageant de rejoindre l’équipe de bénévoles en Suisse.
Remerciements et engagement collectif
Cette participation n’aurait pas été possible sans la générosité des personnes qui ont fait don d’objets à l’ONG PierMarc Suisse.
À travers ces gestes simples, chacun contribue à donner une seconde vie aux objets… et à soutenir un projet porteur de sens.
Nous tenons à adresser nos sincères remerciements à toutes celles et ceux qui, par leurs dons, rendent possible notre présence sur ce type d’événements et participent concrètement à l’avancement de nos actions.
Prochaine étape : la brocante de Pâques de Payerne
Dans la continuité de cette première expérience en Suisse, l’ONG PierMarc Suisse participera à la brocante de Pâques de Payerne, du 3 au 5 avril.
Cet événement, de nature plus commerciale, implique notamment l’affichage de prix.
L’ONG PierMarc Suisse s’inscrira dans ce cadre, tout en conservant son approche : proposer des objets issus de dons, soigneusement sélectionnés, non pas dans une logique de profit, mais comme un moyen de soutenir concrètement ses actions et de faire connaître son projet d’écovillage.
Donner une seconde vie… aux objets comme aux possibles
Finalement, ces expériences posent une question plus large :
- Que faisons-nous de ce qui ne nous sert plus ?
- Laissons-nous disparaître… ou choisissons-nous de transformer ?
À l’image des objets, nos actions peuvent changer de trajectoire.
Ce qui semble insignifiant peut devenir utile.
Ce qui est laissé de côté peut retrouver du sens.
Chez PierMarc, un objet peut retrouver une utilité.
Mais aussi une action peut soutenir un projet.
Et un projet peut transformer des vies.
Parce qu’au fond, il ne s’agit pas seulement de vider un grenier.
Il s’agit de faire de la place pour défendre une cause juste :
offrir à des enfants orphelins les clés de leur avenir.
Vous souhaitez, vous aussi, contribuer à cette dynamique ?
Rejoignez notre équipe de bénévoles
Faites don d’objets pour nos prochaines actions
Soutenez le projet PierMarc en participant à la création d’un écovillage pour des enfants orphelins
Chaque geste a du sens.
Chaque engagement fait la différence.
Découvrez nos actions : https://piermarc.com

