Tant que nous le transmettons

lors de sa première participation à la brocante de Meyrin, samedi 10 octobre 2026
Certains objets traversent les années sans jamais perdre leur pouvoir de nous émouvoir. Témoins silencieux d’une époque, ils portent en eux bien davantage que les marques du temps : une intelligence, un savoir-faire et parfois une parcelle de notre histoire collective.
Une Citroën 2CV, une commode aux courbes élégantes, une montre mécanique, quelques pièces de verrerie ancienne… À première vue, ces objets n’ont pas grand-chose en commun. Pourtant, tous racontent une histoire : celle de femmes et d’hommes qui ont imaginé, dessiné, façonné et assemblé.
Avant d’être un objet, il fut une idée. Avant de devenir un souvenir, il fut une création.
Quand l’ingéniosité rencontrait la nécessité

Prenons cette étonnante Citroën 2CV.
Derrière sa silhouette singulière se cache une véritable aventure humaine et industrielle. Imaginée dès 1936, elle devait répondre à un défi ambitieux : rendre l’automobile accessible aux familles modestes, notamment dans les campagnes.
Son cahier des charges relevait presque de la prouesse : transporter quatre personnes et leurs bagages, emprunter les chemins difficiles, consommer peu et offrir un confort suffisant pour traverser un champ avec un panier d’œufs sans en casser un seul !
Présentée en 1948, elle allait devenir bien davantage qu’un moyen de transport : un symbole de liberté et de mobilité pour plusieurs générations.
Avec son toit de toile enroulable, la 2CV offrait même aux familles modestes le plaisir de rouler à ciel ouvert. Une simplicité ingénieuse qui allait devenir l’une de ses signatures.
Sa beauté ne résidait pas dans le luxe, mais dans l’intelligence de sa conception. Chaque élément avait sa raison d’être.
N’est-ce pas là une forme remarquable de créativité : parvenir à faire beaucoup avec peu ?
Le temps inscrit dans la matière
Observons maintenant une commode ancienne.
Le bois a été choisi, travaillé, assemblé. Les courbes généreuses ont été dessinées, les proportions étudiées. Derrière un tiroir qui coulisse encore après plusieurs décennies se cachent des gestes précis, parfois répétés pendant toute une vie d’ébéniste.
L’objet porte la marque de celui qui l’a conçu, mais également celle de ceux qui l’ont utilisé.
Combien de mains ont ouvert ses tiroirs ? Combien de lettres, de photographies ou d’effets personnels y ont été conservés ?
Il en va de même pour la verrerie ancienne. Le verre, matière fragile par excellence, peut pourtant traverser les siècles. Une carafe, un vase ou un verre soufflé témoignent d’une maîtrise du feu, du souffle et du geste.
Ces objets nous rappellent que la matière la plus ordinaire peut devenir extraordinaire lorsqu’elle rencontre le savoir-faire humain.

Une montre, la mécanique du temps

Parmi tous ces objets, les montres anciennes exercent une fascination particulière.
Comment ne pas s’émerveiller devant ces minuscules rouages qui, assemblés avec une précision remarquable, parviennent à mesurer les heures, les minutes et les secondes ?
L’horloger ne travaille pas seulement le métal. Il mobilise des connaissances, une habileté patiemment acquise et une attention de chaque instant.
Une montre mécanique est un petit univers dans lequel chaque pièce possède une fonction. Qu’une seule vienne à manquer ou à défaillir, et l’ensemble peut s’arrêter.
Aujourd’hui, nous consultons l’heure sur nos téléphones, nos ordinateurs ou nos montres connectées. Pourtant, une vieille montre mécanique continue de nous interpeller.
Peut-être parce qu’elle nous rappelle que derrière la technique se trouve toujours une aventure humaine.
L’oubli… Un risque
Nos sociétés ont appris à produire rapidement, en grande quantité, à des prix souvent accessibles. Cette évolution a profondément transformé notre quotidien et a permis à beaucoup d’accéder à des biens autrefois réservés à quelques-uns.
Mais elle nous interroge également.
Savons-nous encore reconnaître le travail dissimulé derrière un objet ? Prenons-nous le temps de comprendre comment il a été fabriqué ? Et lorsque celui-ci cesse de fonctionner, notre premier réflexe est-il de le réparer ou de le remplacer ?
Il ne s’agit pas de regretter systématiquement le passé. Chaque époque possède ses inventions, ses talents et ses progrès.
Il s’agit plutôt de ne pas perdre ce qui demeure essentiel : la capacité de créer, de comprendre, de réparer et de transmettre.
Car un savoir-faire qui ne se transmet plus risque de disparaître, même lorsque les objets qui en témoignent nous survivent.
Et si demain, les enfants faisaient revivre ces objets ?
Chez PierMarc, nous aimons imaginer qu’un jour, dans l’écovillage PierMarc du Mexique, un horloger viendra partager son métier avec les enfants.
Sur une table, quelques vieilles montres mécaniques hors d’usage.
Les enfants observeront les cadrans, découvriront les engrenages et apprendront, sous la conduite attentive de l’artisan, à démonter ces mécanismes délicats, à identifier les pièces défectueuses et, pourquoi pas, à participer à la fabrication de celles qui devront être remplacées, avant de remonter l’ensemble.
Certains comprendront rapidement. D’autres devront recommencer, observer davantage, faire preuve de patience.
Et peut-être qu’une montre depuis longtemps silencieuse se remettra à fonctionner.
Quelle victoire pour l’enfant qui aura participé à sa réparation !
La véritable richesse de cette expérience ne résidera pas seulement dans le mouvement retrouvé des aiguilles.
Elle sera dans la découverte d’un métier, dans la compréhension d’un mécanisme, dans le respect du travail accompli et dans cette confiance nouvelle que procure le fait de réussir par soi-même.
Un artisan aura transmis une partie de son savoir.
Un enfant aura découvert une capacité qu’il ne soupçonnait peut-être pas.
Et un objet ancien aura retrouvé une utilité inattendue : celle d’enseigner.
Car un objet ancien n’appartient pas seulement au passé. Entre les mains d’un enfant, il peut devenir une promesse d’avenir.

Samedi 10 octobre 2026
C’est avec cette conviction que nous avons participé, samedi 10 octobre 2026, à la brocante de Meyrin.
Une journée où les objets du passé ont aussi favorisé de belles rencontres au présent.
Nous étions quatre représentants de PierMarc Suisse, réunis pour cette journée, avec notamment la première participation de Babacar, membre bénévole de l’ONG PierMarc Suisse.
Parmi les belles rencontres de cette journée, celle d’un producteur d’huile d’olive en Italie mérite une attention particulière.
Notre échange a débuté autour de la mission de PierMarc et de son projet d’écovillage au Mexique. Notre interlocuteur connaissait bien le monde des ONGs, fort d’une expérience acquise notamment au Guatemala et dans la région du Chiapas, au Mexique.
Puis, au fil de la conversation, l’olivier s’est invité dans nos échanges. Cet arbre, symbole de notre engagement et de notre philosophie « Un enfant, un olivier pour la vie », venait créer un lien inattendu entre nos univers.
Une rencontre qui nous rappelle que derrière chaque projet, chaque initiative, il y a avant tout des femmes et des hommes, des expériences à partager et parfois des chemins qui se rejoignent.
Nous adressons nos sincères remerciements à M. Olivier Comte, organisateur de cette brocante de Meyrin, pour son engagement et pour avoir rendu possible ce rassemblement.

Nous remercions également toutes les personnes qui se sont arrêtées à notre stand pour échanger, découvrir notre mission ou simplement partager un moment de convivialité.
Au-delà des objets anciens et des trésors exposés, cette journée nous rappelle qu’une brocante est aussi un lieu de transmission, de dialogue et de rencontres humaines.
Les objets anciens racontent les histoires d’hier ; les rencontres d’aujourd’hui peuvent contribuer à écrire celles de demain.
Une adresse à découvrir
Amateurs d’antiquités, passionnés d’objets anciens, ce lieu mérite le détour.
Meubles de caractère, objets insolites, pièces anciennes et témoins du savoir-faire d’autrefois composent un univers où chaque découverte raconte une époque.
M. Olivier Comte y organise également des ventes, autant d’occasions de découvrir des objets qui ont traversé le temps et attendent peut-être une nouvelle vie.
Lieu : Meyrin, Genève, Suisse
Adresse : 15 rue Alphonse Large

même les tasses prennent
des proportions inattendues !

